Merete Pryds Helle
2 septembre 2009.
Merete Pryds Helle est née en 1965 au Danemark. Elle publie un premier recueil de nouvelles en 1990 et fait partie d’une talentueuse génération de femmes écrivains apparue depuis les années 90. Ses romans sont tout sauf minimalistes, et plutôt réalistes car en prise avec la société contemporaine. Oh, Roméo (Traduit du danois par Catherine Lise Dubost) est paru chez Gaïa en 2008.
Oh, Roméo, traduit par Catherine Lise Dubost (Gaïa, 2008)
Roméo est un chauffeur de taxi d’origine iranienne réfugié politique au Danemark. Harassé par le poids de la tradition familiale, il rêve de faire des études de médecine. Juliette est chercheuse à la faculté de médecine légale. Son frère Thybald, sorti du lycée sans baccalauréat, fréquente les milieux d’extrême droite. L’aversion ostensible qu’il témoigne à l’égard des immigrés le mène bientôt à des actes de violence contre de jeunes gens d’origine étrangère. Roméo et Juliette se rencontrent par hasard, après que Juliette a oublié son sac dans le taxi qui la ramène d’une soirée. Rien ne manque à cette intrigue revisitée du drame de Shakespeare : ni le réalisme du contexte politique qui mène inéluctablement les deux amants vers leur destin, ni celui du décor urbain qui ne fait qu’ajouter à la vraisemblance de l’histoire. Oh, Roméo est un court roman absolument délicieux où l’auteur réussit à transformer un thème politique d’actualité, l’intégration, en drame passionnel.
« Sous les apparences légères d’un roman de société, Merette Pryds Helle réécrit la tragédie sans perdre le cap d’un épilogue forcément funeste. Elle livre beaucoup du Danemark actuel, fréquemment réduit au cliché du pays des gens heureux. Certes, il y a dans ce roman des moments de félicité, des verres de vin blanc bien frappé, des thés revigorants, des biscuits à la cannelle, des pulls doux pour les premiers frimas et des scènes d’amour parfait. Mais au fil de l’intrigue, Merete Pryds Helle distille sa vision d’une société qui peut être raciste et violente. L’affaire des caricatures de Mahomet n’est pas loin. » Le Figaro



