Centre Régional des Lettres

Festival Les Boréales 2011

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.
Tous les rendez-vous, les infos, les dates des Boréales 2011 sont en ligne, sur le site du CRL.

Vidéothèque

Get the Flash Player to see the wordTube Media Player.
Retrouvez en ligne, sur le site du CRL, les vidéos de la journée d'étude du 12 mai 2011 "Ecritures & lectures numériques", organisée par le CRL de Basse-Normandie et la Ville de Caen.

Style display Colonne 2

Livre/echange

Arnaud Cathrine, l’élégance de la pudeur

Arnaud Cathrine, l’élégance de la pudeur

Télécharger Livre/échange N°56 au format pdf

Télécharger PDF

Lire à tout prix

Lire à tout prix

Télécharger le livre/échange Pro N°5 au format pdf

Télécharger PDF

Normannia

normanniaLa Bibliothèque Numérique Normande
Proposé par le Centre Régional des Lettres de Basse Normandie
www.normannia.info

Off season : une exposition, un livre

20 novembre 2009.

En Normandie, l’été est fini et les touristes sont partis. Pas la mer qui continue de faire les cent pas sur un rivage désert. Dans les hôtels restés ouverts pour les rares clients à contre-courant, une autre forme de vacances peut commencer : celles des objets.
Anne Hämäläinen est une photographe finlandaise née en 1966. Remarquée avec son précédent projet Romance consacré à la Russie, elle propose ici le fruit de trois voyages en Normandie. Ses photos ont été prises dans des endroits touristiques pendant l’hiver quand les plages sont désertes et l’atmosphère grise. Riikka Ala-Harja est finlandaise, elle vit dans le Calvados. Elle signe les textes qui accompagnent les photos d’Anne Hämäläinen dans un ouvrage paru aux Cahiers du temps.

Inauguration le 20 novembre à 18h30, suivie d’un débat avec Riikka Ala-Harja, Anne Hämäläinen animé par Bénédicte Lanot et suivie d’une lecture de Tim Torikka.  A voir jusqu’au 23 décembre, tous les jours de 14h à 18h. En partenariat avec l’ARDI.

Tant d’affirmation dans l’hésitation

Pour Anne Hämäläinen, habitante d’Helsinki, en résidence artistique à Rouen, les contrastes de nos régions aux caractères bien différents constituaient un fort enjeu esthétique. De cette confrontation, sont nés des moments incertains, lorsque les éléments de la vie se fragilisent. Souvent la photographie n’est qu’un prétexte mettant en évidence l’humanité et ses agissements. Ici, la photographe pose sur son environnement un regard empreint de sensibilité généreuse, confrontée au kitch de nos décors et à une introspection de nos intimités, telle que l’exhibe les journaux intimes et les récits de voyages et d’errance des artistes écrivains, cinéastes, photographes de la fin du XXe siècle. Quelques détails permettent de reconnaître les lieux de prise de vues mais est-ce bien l’essentiel ? Le temps et la lumière constituent les deux personnages principaux de cette œuvre. Les choix de la photographe portent sur l’installation d’une atmosphère et les allusions à une culture aux références identifiables. Une horizontale composée d’éléments disparates mais concomitants, qui divise en deux les cadrages, constitue une aide essentielle pour notre imaginaire à la recherche d’un ordre orthogonal indispensable à notre confort moral. L’instabilité d’une composition ne nous fascine qu’un laps de temps, notre esprit dans l’urgence du désordre cherchant à rétablir une situation plus confortable. Anne Hämäläinen compose avec précision des images aux déséquilibres savamment calculés pour, un court instant, nous faire vaciller telle la feuille morte malmenée par les rafales d’une bise de saison. Elle enregistre et manipule l’intensité de la lumière dans des environnements en devenir au moment où ils basculent, usés par de longues années d’utilisation ou le changement des saisons. L’empreinte du temps forme alors image. La photographie se définit comme le reflet de l’usure des rayons du soleil, et Anne Hämäläinen s’attache à en maîtriser les excès. Elle canalise, organise mettant en valeur les altérations de la lumière et celle des objets qui occupent le cadre. Elle sélectionne les matières trop brillantes ou délavées, à la limite de l’effacement, et compose soigneusement dans un usage pertinent des dégradés et de la surexposition. Le Nord de l’Europe tire son énergie d’un puissant rapport avec la nature et les saisons. Régulièrement la Terre oscille sur son axe, nous entraînant dans une nouvelle saison, diminuant ou accentuant la pénombre avant de nous plonger dans une obscurité plus ou moins longue. Ces mouvements alternatifs bien cadencés régissent nos vies apportant un peu de négligence dans un ordre qui se voulait séduisant : ainsi le jardin oublié en fin d’été, laissé à l’abandon, négligé dans les premières brumes d’une saison qui se termine et se prépare à recevoir la suivante. La vie hésite alliant la taxidermie et la flore d’un papier peint, à l’image des cases d’une bande dessinée. L’imaginaire n’est jamais loin suggéré par ces oreillers assemblés tels une sculpture minimaliste, doux coussins réceptacles de nos peines, de nos joies, de nos pensées, objets de l’intime dont les contours s’estompent en de savants dégradés.

Gilles Boussard / ARDI

Les commentaires sont fermés.